Confinement : Et si on pratiquait la bienveillance ? #2 La continuité pédagogique

En toute honnêteté, la fermeture des écoles m’avait particulièrement angoissée. Enseignante moi-même, je me suis retrouvée assignée à résidence avec mes enfants et ce, pour une durée indéterminée.

Cela dit mes craintes se sont vites confirmées. Mes enfants se sont imaginés en vacances. Ils n’avaient visiblement pas intégrer le concept de continuité pédagogique. Ils étaient encore plus agités que d’habitude et se chamaillaient non stop.

Peut-être traduisaient-ils ainsi leur propre angoisse devant cette situation inhabituelle ?

Ils ont mis de la mauvaise volonté à faire le travail envoyé par les profs et y ont passé des heures tout en réclamant mon aide toutes les 2mn. J’ai renoncé 3 heures plus tard, après des bugues de l’ENT surchargé et des complaintes incessantes. Le fait est que je me suis sentie complètement dépassée. Alors j’ai crié aussi.

Le lendemain, ils ont commencé à prendre le plis et n’ont pas trop rechigné pas à s’y mettre. Cependant, nous y passons vraiment beaucoup de temps chaque jour et cela génère du stress et crée inévitablement des conflits.

Ma plus jeune est en CM1 et elle a l’équivalent d’une journée de classe à produire chaque jour.

A l’inverse, mon ado en 3ème n’a généralement qu’une seule matière à travailler chaque jour : 4 questions sur un document en Histoire ou bien deux exercices d’Anglais. L’équivalent d’un quart d’heure. Et c’est tout ! Comment peut-on avoir une telle disparité ? Dans un cas c’est beaucoup trop, dans l’autre trop peu !

J’ai posté hier une discussion sur mon Facebook pour savoir si mes amies s’en sortaient avec le travail donné par les enseignants et comparer un peu ce qui se fait chez les uns et chez les autres. Certains enfants y passent 2h quand d’autres y passent la journée.

Les inégalités sont frappantes.

Aujourd’hui, je me suis permise d’alerter la maîtresse de ma fille sur la surcharge de travail, de manière très bienveillante, je ne voulais surtout pas la froisser ou paraître condescendante. Juste lui faire part des soucis rencontrés. Elle n’a malheureusement pas été réceptive à ma démarche. L’égo est certainement notre pire ennemi. Il nous empêche de nous ouvrir à d’autres points de vue et d’évoluer.

Nous vivons une situation exceptionnelle. En tant qu’enseignante, je comprends la détermination à vouloir boucler le programme, mais il est inconsidéré de faire porter cette responsabilité sur les familles. On ne peut pas leur demander d’aborder des nouvelles notions jamais vues en classe (la division par exemple dans le cas de ma fille).

Certains parents travaillent toujours et doivent assurer l’école à la maison en rentrant. Certaines familles ne possèdent pas d’ordinateur, pas d’imprimante ou encore pour des raisons culturelles ne peuvent aider leurs enfants. Et quid des enfants en difficulté ? Les parents ne sont pas enseignants ! Ce dispositif est en train de creuser les inégalités. Du travail d’accord. Pour revoir des notions vues en classe, pour consolider les acquis. Toute une journée ? Certainement pas.

J’ai donc décidé de faire preuve de bienveillance envers ma fille, mais aussi envers moi-même. J’ai pris la liberté d’adapter le travail envoyé. La dictée ok mais est-il nécessaire de faire les 3 exercices sur les adjectifs ? On fait les deux premiers à l’oral pour vérifier que la notion est comprise et on ne fait que le dernier à l’écrit parce qu’il faut renvoyer à la maîtresse. Puis on passe aux maths de la même façon. L’anglais et la géo ce sera pour ce week-end.

Nos enfants ne vont pas rater leur vie parce qu’ils loupent deux mois d’école.

Nous avons beaucoup de temps à passer ensemble, autant faire en sorte qu’il soit constitué de partage et de joie et non de conflits. On peut cuisiner tous ensemble et demander aux enfants de multiplier les doses par deux ou trois, de remplir un verre au tiers, de partager un paquet de bonbons entre tous les membres. Jardiner si on a la chance d’avoir un jardin (je vous envie particulièrement en ce moment ^^)

On peut demander aux enfants de tenir un journal de bord dans lequel ils écriront ce qu’ils ont fait de leur journée et ce qu’ils ressentent. On peut se poser devant un documentaire animalier, un épisode de C’est pas sorcier ou d’Il était une fois la vie.

Et pourquoi pas une séance de sport devant Youtube ou Just Dance histoire de décompresser ? Ou simplement jouer à des jeux de société, se détendre avec un livre…

Retrouver le simple plaisir d’être ensemble.

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